La nuit se couche au bord des routes
comme un grand chien très doux
et tu cherches à apaiser les étoiles
en les prenant dans tes cils.
Les montagnes qui avancent avec l'ombre
stationnent au-dessus des arbres
à qui elles font toucher le ciel
sans qu'aucun de leurs fruits ne tombe.
Seul, le ruisseau continue à couler,
heureux enfin d'être entendu des herbes
et de pouvoir aider la terre à tourner
à l'intérieur du silence.
A la place où ton sommeil
devient mince comme du verre,
un rêve s'inscrit en lettres
qui éclairent l'étendue de mon sang.
Lucien BECKER